Vous aimez le thon mais vous vous interrogez sur le mercure et ses risques pour votre santé ? Rassurez-vous : il est possible de consommer du thon plus sûr, à condition de bien connaître les bons repères, labels et recommandations. Dans ce guide, vous verrez rapidement quels thons privilégier, à quelle fréquence les consommer, et comment limiter au maximum votre exposition au mercure.
Comprendre le mercure dans le thon et ses vrais enjeux santé

Avant de modifier vos habitudes, il est essentiel de comprendre pourquoi le mercure pose question dans le thon et quels types de thon sont les plus concernés. En quelques repères simples, vous pourrez déjà faire la différence entre un thon à privilégier et un thon à limiter. Cette première partie pose les bases pour des choix éclairés, sans anxiété inutile.
Pourquoi le thon concentre plus de mercure que d’autres poissons courants
Le thon est un grand prédateur qui se situe haut dans la chaîne alimentaire, ce qui favorise l’accumulation du mercure au fil du temps. Concrètement, il se nourrit de petits poissons qui contiennent déjà du mercure, ce qui crée un effet de concentration progressive appelé bioaccumulation. Plus un thon vit longtemps et atteint une taille importante, plus cette concentration augmente dans sa chair.
À titre de comparaison, une sardine vit environ 6 ans et mesure 15 à 20 cm, tandis qu’un thon rouge peut vivre jusqu’à 40 ans et dépasser 3 mètres. Cette différence d’âge et de position dans la chaîne alimentaire explique pourquoi le thon rouge peut contenir jusqu’à 10 fois plus de mercure qu’une sardine ou un maquereau.
Quels types de thons contiennent le plus de mercure à éviter au quotidien
Tous les thons ne présentent pas le même niveau de risque. Les espèces à éviter ou à limiter fortement sont le thon rouge (bluefin), le thon albacore (yellowfin) et le thon obèse (bigeye). Ces poissons de grande taille accumulent davantage de méthylmercure en raison de leur longévité et de leur régime carnivore.
À l’inverse, le thon listao (skipjack) se distingue comme l’option la plus sûre pour une consommation régulière. Plus petit et plus jeune, il présente des taux de mercure nettement inférieurs. C’est d’ailleurs le thon le plus utilisé dans les conserves à destination du grand public.
| Espèce de thon | Taille moyenne | Niveau de mercure | Fréquence recommandée |
|---|---|---|---|
| Thon listao (skipjack) | 40-80 cm | Faible | 1 à 2 fois/semaine |
| Thon albacore (yellowfin) | 120-180 cm | Moyen à élevé | Occasionnel |
| Thon rouge (bluefin) | 200-300 cm | Élevé | Rare ou éviter |
Quels sont les effets du mercure sur l’organisme et qui doit être vigilant
Le méthylmercure traverse facilement la barrière placentaire et peut affecter le développement du système nerveux du fœtus. C’est pourquoi les femmes enceintes et celles qui allaitent doivent être particulièrement vigilantes. Chez les jeunes enfants, dont le cerveau est encore en développement, une exposition excessive peut impacter les fonctions cognitives et motrices.
Chez l’adulte, une consommation régulière de poissons très riches en mercure peut affecter la mémoire, la concentration et même le système cardiovasculaire. Toutefois, ces effets concernent principalement les personnes qui consomment de grandes quantités de thon de façon quotidienne. Pour la population générale, c’est surtout une question d’équilibre et de variété dans les choix de poissons.
Choisir un thon sans mercure ou très faible en mercure au supermarché

Face aux étagères de conserves, il est difficile de savoir quel thon est réellement faible en mercure. Quelques indices simples vous aident pourtant à repérer les produits plus sûrs : espèce, mention « listao », origine, labels, mais aussi fréquence de consommation recommandée. Vous verrez comment lire une étiquette de thon autrement, avec le réflexe « mercure » en tête.
Comment repérer un thon en conserve plus pauvre en mercure sur l’étiquette
La première information à rechercher est la dénomination de l’espèce. Sur une boîte de thon, vous pouvez trouver des mentions comme « thon listao », « skipjack », « thon albacore » ou simplement « thon au naturel » sans précision. Dans ce dernier cas, il s’agit souvent de listao, mais sans garantie.
Privilégiez les conserves qui affichent clairement « thon listao » ou « skipjack » sur la face avant de l’emballage. Si vous lisez « thon albacore » ou « yellowfin », sachez que ce sont des espèces plus riches en mercure, à réserver pour des occasions ponctuelles. Certaines marques ajoutent même des pictogrammes ou mentions « adapté aux femmes enceintes », ce qui indique généralement du listao.
La taille du morceau peut aussi donner un indice : les gros morceaux proviennent souvent de thons plus grands, donc potentiellement plus chargés en mercure. Les miettes ou petits morceaux sont généralement issus de thons plus jeunes et plus petits.
Thon sans mercure pour femme enceinte et enfants : quelles marques privilégier
Pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, la prudence est de mise. Certaines marques comme Petit Navire, Connétable ou Phare d’Eckmühl proposent du thon listao en précisant l’espèce sur l’emballage. Les labels MSC (Marine Stewardship Council) ou Friend of the Sea garantissent une pêche durable, mais ne certifient pas directement un faible taux de mercure.
En pratique, limitez-vous à une boîte par semaine maximum pendant la grossesse, même avec du listao. Pour les enfants de moins de 3 ans, l’Anses recommande d’éviter le thon et de privilégier des poissons naturellement pauvres en mercure comme le colin, le cabillaud ou les sardines. Entre 3 et 10 ans, une demi-boîte par semaine reste raisonnable.
Thon « sans mercure » ou « très faible en mercure » : que valent ces promesses marketing
Vous pourriez croiser des mentions « faible teneur en mercure » sur certains emballages. Ces allégations sont séduisantes, mais restent parfois vagues. En réalité, aucun thon n’est totalement exempt de mercure, car celui-ci se trouve naturellement dans les océans à cause des activités industrielles et volcaniques.
Ce qui compte, c’est que la teneur reste en dessous des seuils réglementaires européens fixés à 1 mg/kg pour le thon. Certaines marques vont plus loin en appliquant des contrôles stricts et en sélectionnant uniquement des thons jeunes. Si ces garanties sont documentées et vérifiables, elles constituent un vrai plus. Sinon, considérez-les comme un argument commercial et fiez-vous d’abord à l’espèce indiquée.
Adapter sa consommation de thon pour limiter réellement l’exposition au mercure
Un « thon sans mercure » absolu n’existe pratiquement pas, mais vous pouvez réduire fortement votre exposition en ajustant quantité, fréquence et diversité des poissons. Cette partie vous donne des repères concrets : portions raisonnables, profils à risque, et alternatives intéressantes au thon. L’objectif n’est pas de vous priver, mais de retrouver une consommation sereine et maîtrisée.
À quelle fréquence manger du thon en toute sécurité selon votre profil
Pour un adulte en bonne santé, consommer du thon listao une à deux fois par semaine ne pose généralement aucun problème. Cela représente environ 100 à 150 g par portion, soit une boîte standard. Si vous optez pour du thon albacore frais au restaurant, limitez-vous à une fois toutes les deux semaines.
Les femmes enceintes doivent être plus prudentes : une portion de thon listao par semaine maximum, en alternant avec d’autres poissons à faible teneur en mercure. Pour les enfants, une demi-portion hebdomadaire suffit largement. Si vous êtes un grand consommateur de poisson en général, pensez à intégrer cette portion de thon dans votre total hebdomadaire recommandé de deux à trois portions de poissons variés.
Alternatives au thon riches en oméga-3 et naturellement très pauvres en mercure
Si vous cherchez à réduire le thon sans perdre les bénéfices nutritionnels, plusieurs poissons gras offrent un profil intéressant. Les sardines et les maquereaux sont particulièrement riches en oméga-3, en vitamine D et en sélénium, tout en présentant des niveaux de mercure très bas grâce à leur petite taille et leur courte durée de vie.
Le hareng constitue également une excellente option, souvent moins connu mais tout aussi nutritif. Le saumon sauvage d’Alaska, bien que légèrement plus cher, combine qualité nutritionnelle et faible exposition au mercure. Même le simple colin ou la truite peuvent compléter vos menus de façon sûre.
En variant ces espèces au fil de la semaine, vous maximisez vos apports en nutriments essentiels tout en diluant naturellement votre exposition aux contaminants. C’est le principe de la rotation des sources, simple et efficace.
Que disent les autorités de santé sur le mercure dans le thon aujourd’hui
L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) recommande de consommer du poisson deux fois par semaine en alternant poisson gras et poisson maigre. Elle préconise particulièrement de varier les espèces et les lieux d’approvisionnement pour limiter l’exposition aux polluants, dont le mercure.
Pour les populations sensibles (femmes enceintes, allaitantes, enfants de moins de 3 ans), l’Anses conseille d’éviter la consommation de thon, espadon, marlin et autres grands prédateurs. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé une dose hebdomadaire tolérable de méthylmercure à 1,6 µg par kg de poids corporel, ce qui représente environ 112 µg par semaine pour une personne de 70 kg.
Ces recommandations ne visent pas à créer une peur du poisson, mais à encourager une consommation intelligente. Le poisson reste un aliment précieux pour la santé, à condition de bien choisir ses espèces et de ne pas se limiter à une seule.
Bien préparer et intégrer le thon sans angoisse dans une alimentation équilibrée
Une fois les bons choix faits, il reste à intégrer le thon dans vos repas sans inquiétude et sans excès. Il peut garder sa place ponctuelle dans une alimentation équilibrée, surtout s’il est associé à des légumes, des céréales complètes et d’autres sources de protéines. Cette dernière partie vous aide à traduire toutes ces informations en gestes simples au quotidien.
Comment intégrer le thon en conserve dans des repas sains et variés
Plutôt que de faire du thon la vedette unique de votre assiette, utilisez-le comme ingrédient complémentaire. Dans une salade composée, mélangez une demi-boîte de thon listao avec des haricots blancs, des tomates, du concombre et des olives. Vous obtenez ainsi un repas complet où le thon n’occupe qu’un tiers des protéines totales.
Sur des tartines de pain complet, étalez un peu de fromage frais, ajoutez quelques miettes de thon, des rondelles de radis et des herbes fraîches. Vous profitez du goût sans la dose excessive. Dans des pâtes aux légumes, incorporez du thon en fin de cuisson avec des courgettes grillées et des tomates cerises : le poisson rehausse le plat sans le dominer.
Cette approche « dilution » permet de consommer du thon régulièrement tout en restant dans des proportions raisonnables. Vous gardez le plaisir gustatif sans accumuler de mercure.
Le thon cru (sushi, sashimi, poké) est-il plus risqué pour le mercure
La cuisson ne détruit pas le mercure, qui reste stable dans la chair du poisson quelle que soit la préparation. Un sashimi de thon rouge contiendra donc autant de mercure que ce même thon grillé ou cuit à la vapeur. La différence réside surtout dans l’espèce utilisée : dans les restaurants japonais, on trouve souvent du thon rouge ou albacore, naturellement plus riches en mercure.
Le thon cru ajoute toutefois une dimension sanitaire supplémentaire : risque de parasites et de bactéries si la chaîne du froid n’est pas respectée. Les femmes enceintes doivent éviter le poisson cru pour cette raison, indépendamment du mercure. Pour les autres convives, privilégiez des établissements sérieux qui congèlent le poisson selon les normes en vigueur.
Si vous aimez les poké bowls ou les sushis, choisissez de préférence des préparations au saumon, au maquereau ou même au thon listao quand c’est précisé. Renseignez-vous auprès du chef sur l’espèce utilisée, cela fait partie du plaisir d’une expérience gastronomique informée.
Quand est-il préférable de privilégier d’autres poissons que le thon au restaurant
Si vous consommez déjà du thon en conserve une ou deux fois par semaine à la maison, opter pour une autre espèce au restaurant permet de rééquilibrer votre exposition. Commandez plutôt un pavé de saumon, un filet de maquereau grillé ou des sardines marinées. Ces choix apportent autant de plaisir tout en diversifiant vos sources de protéines et d’oméga-3.
Pour les femmes enceintes ou allaitantes, cette règle devient encore plus importante. Même un restaurant haut de gamme proposant du magnifique thon rouge mi-cuit doit être évité pendant cette période. Préférez le bar de ligne, la dorade, le colin ou même un plateau de fruits de mer avec crevettes et huîtres (bien cuites pour les femmes enceintes).
Cette habitude simple de varier en fonction du contexte fait une vraie différence sur le long terme, sans retirer le plaisir de manger au restaurant. Vous profitez d’une cuisine savoureuse tout en préservant votre capital santé et celui de votre famille.
En résumé, consommer du thon faible en mercure est tout à fait possible en privilégiant le thon listao, en adaptant les portions selon votre profil et en diversifiant régulièrement vos choix de poissons. Avec ces repères clairs et ces gestes simples, vous pouvez continuer à apprécier le thon sans crainte excessive, tout en protégeant votre santé et celle de vos proches.
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