Une scintigraphie des genoux est prescrite quand une douleur persiste, qu’une radiographie ne suffit pas à expliquer les symptômes ou qu’un médecin veut évaluer l’activité osseuse autour de l’articulation. L’examen peut impressionner, car il relève de la médecine nucléaire, mais son déroulement est simple : injection d’un traceur, délai d’attente, puis images avec une gamma-caméra.
Ce que montre vraiment une scintigraphie osseuse du genou
La scintigraphie osseuse du genou est un examen d’imagerie nucléaire. Elle ne se limite pas à montrer la forme de l’os. Elle repère surtout les zones où l’activité osseuse est modifiée, ce qui lui donne un intérêt particulier quand une douleur du genou reste inexpliquée malgré un premier bilan.
L’examen repose sur l’injection par voie veineuse d’un produit faiblement radioactif, aussi appelé traceur radioactif. Le Technétium 99m est cité comme traceur utilisé en scintigraphie osseuse du genou par l’Institut Harmonie Tours. Le produit circule dans l’organisme puis se fixe davantage sur les zones osseuses abîmées, modifiées ou plus actives sur le plan métabolique. La gamma-caméra détecte ensuite la radioactivité émise et permet de produire des images interprétables par le médecin nucléaire.
Pour bien comprendre son intérêt, il faut distinguer la forme et le fonctionnement. Une radiographie montre surtout la structure osseuse à un instant donné. L’IRM explore finement de nombreux tissus, notamment les tissus mous. La scintigraphie, elle, renseigne sur l’activité : elle peut faire apparaître un remaniement osseux avant qu’il soit visible sur une radiographie classique.
| Examen | Ce qu’il apporte surtout | Intérêt pour le genou |
|---|---|---|
| Radiographie | Vue de la structure osseuse | Première approche d’une arthrose, d’une fracture visible ou d’un alignement |
| IRM | Analyse détaillée des tissus et de certaines lésions internes | Exploration de douleurs articulaires, ligamentaires ou méniscales selon le contexte |
| Scintigraphie osseuse | Repérage d’une activité osseuse anormale ou augmentée | Recherche d’anomalies osseuses précoces, de remaniements, d’infection ou de fissure de fatigue |
| Scanner ou TDM couplé | Localisation anatomique plus précise | Corrélation possible entre les images scintigraphiques et une lésion anatomique |
Dans quelles situations l’examen peut être prescrit
Douleur persistante ou radiographie peu explicative
Une indication fréquente est la douleur squelettique inexpliquée. Le genou peut être douloureux à la marche, à l’appui, après un traumatisme ou sans cause évidente. Si la radiographie ne montre pas d’anomalie suffisante pour expliquer les symptômes, la scintigraphie peut aider à repérer une zone de fixation anormale du traceur.
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Cette capacité à révéler des anomalies parfois non visibles à la radiographie explique son intérêt dans certaines blessures osseuses, notamment les fissures de fatigue. L’Institut Harmonie Tours mentionne la détection de fissures de fatigue seulement deux heures après l’injection du traceur dans son contenu consacré à la scintigraphie du genou.
Arthrose, infection, prothèse ou contexte oncologique
La scintigraphie osseuse peut aussi être demandée dans le cadre d’une arthrose, d’une suspicion d’infection, d’une blessure osseuse ou d’une douleur autour d’une prothèse du genou. L’infection de prothèse fait partie des situations évoquées par l’Institut Harmonie Tours. Dans ces cas, l’examen ne remplace pas le reste du bilan clinique et biologique, mais il apporte une information fonctionnelle sur l’activité osseuse.
En contexte de cancer, la scintigraphie osseuse peut également aider à rechercher des métastases osseuses, comme le rappelle Elsan dans ses explications sur cet examen. L’interprétation dépend alors du dossier médical, des symptômes et des autres examens réalisés.
Déroulement : injection, attente, images
L’injection et les premiers clichés éventuels
L’examen se déroule dans un service de médecine nucléaire. Une injection du traceur est réalisée par voie veineuse. Ce geste ressemble à une injection classique. La scintigraphie elle-même n’est pas douloureuse. Selon l’Hôpital Foch, 1 ou 2 clichés peuvent être réalisés au moment de l’injection, pendant environ 10 à 15 min, selon l’objectif de l’examen.
Après l’injection, il faut attendre que le produit se fixe dans l’os. Ce délai est normal. L’Hôpital Foch indique un temps d’attente de 2 à 6 heures pour permettre cette fixation. MNT37 mentionne de son côté des images osseuses réalisées environ 2h30 après l’injection du médicament radioactif. Selon l’organisation du centre, il peut être possible de rester sur place ou de sortir temporairement, en respectant l’horaire de retour indiqué.
Les images avec la gamma-caméra
Pour les images, vous êtes généralement allongé sur une table d’examen. Le détecteur de la gamma-caméra se place au plus près de la zone étudiée ou se déplace autour du patient, sans forcément le toucher. Les images scintigraphiques durent généralement 30 à 45 minutes, durée indiquée à la fois par l’Hôpital Foch et MNT37.
L’immobilité est essentielle. Le moindre mouvement peut créer du flou et réduire la précision diagnostique. Une image nette permet de mieux distinguer les zones de fixation du traceur et de localiser une anomalie du genou. C’est aussi ce qui rend l’examen plus exploitable pour le médecin nucléaire.
Dans certains cas, des acquisitions complémentaires peuvent être réalisées avec une TDM, comme l’indique l’Hôpital Foch, ou avec un scanner couplé aux images scintigraphiques, comme le précise MNT37. L’objectif est de mieux corréler les remaniements osseux visibles en scintigraphie avec une localisation anatomique précise.
Préparation, précautions et radioactivité : ce qu’il faut savoir
Avant le rendez-vous
Dans la plupart des cas, aucune préparation alimentaire particulière n’est nécessaire. Il n’est généralement pas nécessaire d’être à jeun. Selon l’Hôpital Foch, il n’est pas non plus nécessaire de modifier son traitement habituel, sauf consigne contraire donnée par l’équipe médicale ou le médecin prescripteur.
En revanche, certains éléments doivent être signalés avant l’examen : grossesse, retard de règles, possibilité de grossesse ou allaitement. Ces informations permettent au service de médecine nucléaire d’adapter la conduite à tenir. Le jour de l’examen, il peut aussi être utile de porter des vêtements confortables et de limiter les objets métalliques, surtout si des images complémentaires sont prévues.
Quelques réflexes simples facilitent la journée : apporter l’ordonnance et les examens déjà réalisés si le centre les demande, prévoir du temps à cause du délai après injection, rester joignable ou présent selon les consignes du service entre l’injection et les images, et demander confirmation si un traitement particulier doit être pris ce jour-là.
Après l’examen
La radioactivité utilisée est faible et le produit non fixé s’élimine naturellement, notamment par les urines. L’Hôpital Foch recommande de boire fréquemment et de vider souvent la vessie pendant les 3 à 4 heures qui suivent l’examen. Ce conseil simple favorise l’élimination du traceur résiduel.
En cas d’allaitement, l’Hôpital Foch recommande une interruption pendant 4 heures après l’examen, avec lait tiré et jeté pendant cette période. Pour l’entourage, les consignes particulières dépendent du protocole local et de votre situation. Le service de médecine nucléaire reste l’interlocuteur le plus adapté si vous vivez avec une femme enceinte, un nourrisson ou une personne fragile.
Résultats, interprétation et prise en charge
Les images sont interprétées par un médecin spécialisé en médecine nucléaire. Une fixation augmentée du traceur ne signifie pas automatiquement une maladie grave : elle indique surtout une activité osseuse plus marquée à un endroit donné. C’est la comparaison avec les symptômes, l’examen clinique, les radiographies, l’IRM éventuelle, le scanner ou les analyses biologiques qui permet d’orienter le diagnostic.
Les résultats sont généralement transmis au médecin prescripteur. Selon l’organisation du centre, un compte rendu peut aussi être remis au patient ou rendu disponible ultérieurement. Le point essentiel est de ne pas interpréter seul une image ou une phrase du compte rendu. La scintigraphie répond à une question médicale précise et doit être replacée dans l’ensemble du dossier.
Côté coût, Elsan indique que le prix d’une scintigraphie osseuse est entièrement pris en charge par l’Assurance maladie et la complémentaire santé. Des dépassements d’honoraires peuvent toutefois exister dans certains établissements, avec devis préalable selon Elsan. En pratique, l’examen est réalisé sur prescription médicale, dans un service de médecine nucléaire ou un centre disposant de l’équipement adapté.




