Vous vous demandez si vous pouvez changer de kiné sans retourner chez votre médecin pour une nouvelle ordonnance ? Rassurez-vous : dans la plupart des cas, vous êtes libre de choisir et de modifier votre kinésithérapeute, tout en conservant la même prescription. Voyons clairement ce que prévoient les règles de la Sécurité sociale, comment faire le changement en pratique et les précautions à connaître pour rester bien remboursé.
Vos droits pour changer de kiné avec la même ordonnance

La question du libre choix du kinésithérapeute revient souvent, surtout quand le courant passe mal, que les horaires ne conviennent plus ou que les progrès stagnent. Vous avez pourtant des droits clairs, souvent méconnus, sur le choix et le changement de votre praticien. Cette partie pose le cadre : ce que vous pouvez faire, ce qui reste à éviter et comment rester en conformité avec l’Assurance maladie.
Êtes-vous vraiment libre de changer de kiné en cours de traitement ?
Vous avez, en principe, la liberté totale de choisir votre masseur-kinésithérapeute et d’en changer, même avec la même ordonnance. La prescription médicale ne mentionne jamais un professionnel précis, mais uniquement un type de soins et un nombre de séances. Tant que ces conditions sont respectées, le changement de praticien est parfaitement possible sans repasser chez votre médecin.
Ce droit s’appuie sur le principe du libre choix du praticien, garanti par le Code de la santé publique. Concrètement, si votre médecin vous prescrit 10 séances de rééducation pour une tendinite de l’épaule, vous pouvez faire 3 séances chez un kiné, puis les 7 restantes chez un autre si vous le souhaitez.
Ce que dit la Sécurité sociale sur l’ordonnance et le remboursement
Pour être remboursé, il faut une prescription en bonne et due forme, avec l’acte de kinésithérapie, le motif et le nombre de séances. La Sécurité sociale ne vous impose pas un kiné particulier, mais exige que les séances soient réalisées par un professionnel conventionné, dans la limite du nombre prescrit.
Si vous changez de cabinet, les nouvelles séances continuent d’être remboursées au taux habituel de 60% du tarif conventionné, à condition de rester dans le cadre initial de l’ordonnance. Votre nouveau kiné devra simplement déduire du nombre total de séances prescrites celles déjà réalisées chez l’ancien praticien.
Dans quels cas une nouvelle ordonnance de kiné devient-elle nécessaire ?
Une nouvelle ordonnance peut être nécessaire si le nombre de séances est dépassé ou si l’objectif thérapeutique change. Par exemple, si votre nouveau kiné estime que le traitement doit être prolongé ou réorienté, il pourra vous conseiller de revoir votre médecin.
De même, pour certains soins spécifiques ou post-opératoires, le médecin peut devoir ajuster la prescription selon votre évolution. Si vous avez commencé une rééducation du genou et que des douleurs lombaires apparaissent nécessitant un nouveau protocole, une ordonnance séparée sera indispensable.
Situations concrètes où l’on souhaite changer de kinésithérapeute

Changer de kiné n’est pas qu’une question administrative, c’est souvent lié à votre confort, votre confiance et vos progrès. Manque de disponibilité, mauvaise entente, cabinet trop éloigné ou méthodes qui ne vous conviennent pas : vos raisons sont légitimes. L’important est de savoir comment procéder proprement, pour ne pas vous retrouver en difficulté sur le plan médical ou pour le remboursement.
Comment changer de kiné avec la même ordonnance, étape par étape
Commencez par vérifier le nombre de séances déjà réalisées et celles restant sur l’ordonnance. Vous pouvez consulter vos feuilles de soins ou demander un récapitulatif à votre ancien kiné. Conservez bien l’ordonnance originale, car le nouveau praticien en aura besoin.
Prenez ensuite rendez-vous avec le nouveau kiné en lui expliquant que vous continuez un traitement en cours avec la même prescription. Apportez l’ordonnance originale et, si possible, un bilan des séances déjà effectuées. Le nouveau professionnel se basera sur le nombre de séances restantes et adaptera son suivi en conséquence, sans exiger forcément une nouvelle ordonnance si les conditions sont respectées.
Faut-il prévenir l’ancien kiné avant de consulter un nouveau praticien ?
Sur le plan légal, vous n’êtes pas obligé de prévenir votre ancien kiné, mais c’est souvent préférable par courtoisie. Le prévenir permet, si vous le souhaitez, de récupérer un compte-rendu ou un bilan des séances déjà effectuées.
Cela aide aussi le nouveau kiné à mieux comprendre votre historique et les techniques déjà essayées, pour éviter les répétitions ou les malentendus. Un simple message ou appel suffit, sans avoir à vous justifier longuement si vous ne le souhaitez pas.
Changer de kiné en cours de rééducation : risques pour le suivi des soins ?
Un changement de kiné en plein protocole peut perturber temporairement le suivi, surtout si les méthodes de travail sont différentes. Toutefois, un nouveau regard peut aussi être bénéfique si la rééducation stagne ou que vous ne vous sentez pas à l’aise.
L’essentiel est de bien expliquer votre parcours, vos douleurs et vos objectifs thérapeutiques au nouveau praticien pour assurer une continuité de soins cohérente. Par exemple, si vous changez après une opération de la hanche, précisez les exercices déjà pratiqués et les progrès réalisés en termes de mobilité.
Cadre légal, remboursement et choix du kiné conventionné
Derrière une simple question de changement de kiné se cachent des règles précises : conventionnement, secteur d’exercice, dépassements d’honoraires, ALD, accident du travail. Comprendre ce cadre vous évite de mauvaises surprises sur vos remboursements. Vous verrez aussi comment articuler votre liberté de choix avec les contraintes de la Sécurité sociale et de votre mutuelle.
Quel impact sur le remboursement si vous changez de kiné en cours de route ?
En soi, le changement de kinésithérapeute n’a pas d’impact sur le niveau de remboursement par l’Assurance maladie. Ce qui compte, c’est que le nouveau kiné soit conventionné et respecte les tarifs de la nomenclature, sauf dépassement encadré.
Votre mutuelle peut ensuite intervenir pour compléter, selon votre contrat, même si vous avez changé de praticien en cours de traitement. Les séances restent remboursées à hauteur de 60% par l’Assurance maladie, et votre complémentaire santé prend en charge le reste selon ses conditions.
Kiné conventionné, dépassements et mutuelle : ce qu’il faut vérifier avant de changer
Avant de changer de kiné, vérifiez s’il est bien conventionné secteur 1 ou secteur 2. Les kinés de secteur 1 appliquent les tarifs de base, tandis que certains peuvent pratiquer des dépassements d’honoraires modérés.
| Type de kiné | Tarif de base | Dépassements possibles | Remboursement |
|---|---|---|---|
| Secteur 1 | Tarif conventionné | Non | 60% du tarif de base |
| Secteur 2 | Tarif libre | Oui | 60% du tarif de base, reste à charge possible |
Demandez clairement les tarifs pratiqués au premier rendez-vous afin d’éviter des restes à charge inattendus. Certaines mutuelles remboursent mieux les dépassements que d’autres.
Cas particuliers : ALD, accident du travail, maternité ou rééducation lourde
Dans le cadre d’une affection longue durée, d’un accident du travail ou d’une rééducation lourde, le nombre de séances et le suivi sont parfois plus strictement encadrés. Vous pouvez malgré tout changer de kiné, mais il est prudent d’en parler à votre médecin et de s’assurer que la nouvelle organisation reste compatible avec les protocoles.
Pour un accident du travail, les soins sont pris en charge à 100% et nécessitent parfois un accord préalable de la CPAM. En ALD, le tiers payant est généralisé, ce qui facilite les démarches même en changeant de praticien. Certains services hospitaliers ou centres spécialisés peuvent aussi recommander un suivi coordonné, à respecter pour garder vos droits.
Conseils pratiques pour bien choisir et changer de kiné sereinement
Au-delà des règles, le kiné est un partenaire de votre santé au quotidien. Un bon choix de praticien et un changement bien préparé peuvent vraiment influencer vos progrès et votre confort. Cette dernière partie vous donne des repères concrets pour sélectionner un kiné adapté, organiser la transition et oser changer lorsque quelque chose ne vous convient plus.
Quels critères privilégier pour choisir un kiné qui vous correspond vraiment ?
Regardez la localisation, les horaires, mais aussi les spécialités et l’approche du kiné. Certains sont plus orientés sport, neurologie, pédiatrie, rééducation respiratoire ou prise en charge des douleurs chroniques.
N’hésitez pas à poser des questions en amont : pratique-t-il la thérapie manuelle ? utilise-t-il des appareils spécifiques ? Privilégie-t-il l’éducation thérapeutique ? Vous fier aussi à votre ressenti lors des premières séances reste essentiel pour construire une relation de confiance.
Comment préparer la transition et faciliter le travail du nouveau kinésithérapeute ?
Notez vos principaux symptômes, vos difficultés au quotidien et les progrès déjà réalisés. Si possible, récupérez un compte-rendu, une imagerie ou des documents utiles auprès de votre médecin ou de l’ancien kiné.
Le nouveau praticien disposera ainsi d’un point de départ clair, ce qui lui permettra d’adapter rapidement le protocole de rééducation. Mentionnez également les exercices qui ont fonctionné et ceux qui ont provoqué des douleurs, pour gagner du temps dans la mise en place du nouveau traitement.
Quand faut-il envisager sérieusement de changer de kiné sans trop attendre ?
Si vous ne vous sentez pas écouté, si les séances se limitent systématiquement à des exercices peu supervisés ou si vos douleurs s’aggravent sans explication, un changement peut être pertinent. Le manque de disponibilité, des annulations répétées ou une relation de confiance absente sont aussi des signaux à prendre en compte.
Vous avez le droit de chercher un praticien avec lequel vous vous sentez à l’aise, tout en gardant la même ordonnance lorsque cela reste médicalement adapté. Ne restez pas dans une situation qui freine votre rétablissement : votre bien-être et votre guérison doivent rester la priorité.
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