Santé & Bien-être

Tendinite du moyen fessier : causes, diagnostic et parcours de soins

Benoît Clairval 5 min de lecture
tendinites moyen fessier : examen de la hanche et grand trochanter (zone douloureuse)

La tendinite du moyen fessier, médicalement désignée sous le terme de tendinopathie trochantérienne, est une pathologie fréquente à l’origine de douleurs latérales de la hanche. Souvent confondue avec une simple bursite, elle représente une atteinte complexe du tendon, essentielle à la stabilité du bassin. Comprendre cette affection est la première étape pour sortir du cycle de la douleur chronique et retrouver une mobilité normale.

Qu’est-ce que la tendinopathie du moyen fessier ?

Le moyen fessier est un muscle stabilisateur de la hanche. Il maintient le bassin à l’horizontale lors de l’appui monopodal, c’est-à-dire quand vous êtes en équilibre sur une seule jambe pendant la marche. Une tendinite survient lorsque les fibres tendineuses, situées au niveau du grand trochanter, subissent des micro-traumatismes répétés menant à une inflammation ou, dans les cas chroniques, à une dégénérescence.

Anatomie du moyen fessier et localisation de la tendinite du moyen fessier
Anatomie du moyen fessier et localisation de la tendinite du moyen fessier

Il est nécessaire de distinguer la tendinite, inflammation aiguë, de la tendinopathie, qui décrit une souffrance chronique du tendon. Cette pathologie est fréquemment associée à une bursite trochantérienne, une inflammation de la bourse séreuse située entre le tendon et l’os. On parle alors de tendinobursite, un état qui accentue la douleur latérale ressentie lors des mouvements de hanche.

Qui est concerné et quels sont les facteurs de risque ?

Cette pathologie touche environ 2 personnes sur 1000 chaque année. Les femmes, particulièrement entre 45 et 75 ans, représentent la population la plus exposée, avec une prévalence atteignant 25 % dans cette tranche d’âge. Plusieurs facteurs expliquent cette fragilité :

Différence entre tendon sain et tendinopathie du moyen fessier
Différence entre tendon sain et tendinopathie du moyen fessier

Les facteurs mécaniques, comme une faiblesse des muscles abducteurs ou un déséquilibre postural, modifient la charge sur le grand trochanter. Les facteurs hormonaux influencent la qualité du collagène tendineux, rendant le tissu moins résistant. La pratique sportive, notamment chez les coureurs et triathlètes, sollicite intensément les tendons par des mouvements répétitifs d’abduction. Enfin, le mode de vie, incluant le surpoids et le tabac, peut entraver la régénération tissulaire et favoriser la chronicité.

Symptômes et diagnostic : quand consulter ?

La douleur se situe typiquement sur la face latérale de la hanche et irradie parfois vers la cuisse, le genou ou la cheville. Elle est exacerbée par la station debout prolongée, la montée des escaliers ou la position allongée sur le côté douloureux. Une boiterie peut apparaître lors de la marche.

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Le diagnostic repose sur un examen clinique, incluant le test de Lequesne, qui consiste à tester la rotation externe résistée de la hanche pour reproduire la douleur. L’imagerie confirme le diagnostic :

L’IRM reste la référence pour visualiser l’état du tendon et détecter des ruptures partielles de la face profonde. L’échographie identifie une bursite associée ou des calcifications, tandis que la radiographie permet d’éliminer une coxarthrose ou d’observer d’éventuelles exostoses osseuses. En cartographiant précisément l’origine de la douleur, le spécialiste oriente vers le protocole de soin le plus adapté, évitant ainsi les errances thérapeutiques.

Les traitements conservateurs : la première ligne de soin

La majorité des cas évolue favorablement avec une prise en charge médicale sur une période de 6 mois. Le repos relatif, associé à une modification des activités sportives, est la règle de base. La kinésithérapie est indispensable :

Le renforcement musculaire permet un travail progressif des abducteurs via des exercices de gainage latéral, de quadrupédie avec élastique ou d’appui monopodal contrôlé. Les étirements ciblés de la chaîne latérale, maintenus 20 secondes et répétés trois fois, réduisent les tensions mécaniques. La proprioception rééduque la stabilité du bassin pour corriger les compensations posturales. En cas de douleur persistante, une infiltration échoguidée peut apporter un soulagement significatif, permettant de reprendre la rééducation active.

La chirurgie : quand et comment l’envisager ?

Lorsque le traitement conservateur échoue après 6 mois, la chirurgie peut être discutée selon les critères de Lequesne : persistance de la douleur, imagerie confirmant une lésion tendineuse, soulagement partiel après infiltration et absence de dégénérescence graisseuse avancée. Deux techniques sont principalement utilisées :

La chirurgie ouverte permet un avivement osseux et une réinsertion tendineuse par tunnels transosseux, offrant une vision directe idéale pour les lésions complexes. La chirurgie endoscopique utilise un arthroscope (30°) et un ancrage sur deux rangées, une approche mini-invasive favorisant des suites opératoires plus confortables.

La rééducation post-opératoire est exigeante. De 0 à 6 semaines, l’appui est très limité pour protéger la réparation. De 6 à 12 semaines, on réintroduit une charge progressive. Après 3 mois, le renforcement musculaire intensif permet un retour à la marche normale. Le résultat définitif s’apprécie généralement entre 4 et 6 mois après l’intervention.

Prévention et hygiène de vie

Prévenir la récidive demande une vigilance quotidienne. Il est conseillé d’éviter de croiser les jambes en position assise, de dormir avec un oreiller entre les genoux pour maintenir un alignement neutre de la hanche et de pratiquer régulièrement des exercices de renforcement des fessiers. Une approche multidisciplinaire, impliquant votre médecin, votre kinésithérapeute et éventuellement un podologue pour corriger un trouble statique, demeure la stratégie la plus efficace pour préserver votre mobilité sur le long terme.

Benoît Clairval
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