Tableau d’allures VMA : 60-70 %, 88-92 % et les repères utiles pour courir juste
Un tableau allure VMA transforme une vitesse maximale aérobie en rythmes concrets, du footing au fractionné. L’intérêt est simple : courir à la bonne intensité quand la séance demande une cible précise, sans faire trop vite les jours faciles ni trop lentement les séances de qualité.
La VMA, le repère qui donne du sens aux allures
La VMA, ou vitesse maximale aérobie, correspond à la vitesse de course à partir de laquelle votre consommation d’oxygène atteint son niveau maximal. En pratique, elle sert de base de calcul pour individualiser l’entraînement. Deux coureurs peuvent faire la même séance de 10 fois 400 m, mais pas à la même vitesse, car chacun travaille selon son propre pourcentage de VMA.
Convertisseur VMA
Tableau de référence
| % | km/h | Allure |
|---|
Une VMA exprimée en km/h permet de convertir rapidement une intensité en allure. Par exemple, courir à 80 % d’une VMA de 15 km/h revient à courir à 12 km/h, soit 5 min/km. C’est ce qui rend le tableau d’allures VMA utile : il remplace les calculs répétés par des repères immédiatement exploitables.
Pourquoi ne pas se fier uniquement aux sensations ?
Les sensations restent importantes, mais elles varient selon la fatigue, la chaleur, le vent, le dénivelé ou l’état de forme. La VMA apporte une base plus stable pour calibrer les séances. Elle ne décide pas tout, mais elle évite les grands écarts : le footing d’endurance fondamentale ne se transforme pas en compétition, et le fractionné reste assez intense pour provoquer une adaptation.
Il faut toutefois garder une marge d’interprétation. Une allure calculée sur terrain plat ne se transpose pas parfaitement sur chemin, sous forte chaleur ou dans une côte. Le tableau donne une cible, puis le coureur ajuste selon les conditions réelles.
Tableau allure VMA : convertir sa vitesse en rythme de course
Pour lire un tableau d’allures VMA, partez de votre VMA en km/h, puis choisissez le pourcentage correspondant à l’objectif de la séance. La vitesse cible se calcule ainsi : VMA × pourcentage. L’allure au kilomètre se déduit ensuite de la vitesse obtenue.
| VMA | 60 % | 70 % | 80 % | 90 % | 100 % |
|---|---|---|---|---|---|
| 12 km/h | 8 min 20/km | 7 min 09/km | 6 min 15/km | 5 min 33/km | 5 min 00/km |
| 14 km/h | 7 min 09/km | 6 min 07/km | 5 min 21/km | 4 min 46/km | 4 min 17/km |
| 16 km/h | 6 min 15/km | 5 min 21/km | 4 min 41/km | 4 min 10/km | 3 min 45/km |
| 18 km/h | 5 min 33/km | 4 min 46/km | 4 min 10/km | 3 min 42/km | 3 min 20/km |
Les pourcentages les plus utiles à l’entraînement
Les zones de travail les plus courantes se répartissent par objectif. À 50-60 % VMA, l’effort reste très facile, utile pour récupérer ou reprendre après une coupure. À 60-70 % VMA, on se situe généralement dans l’endurance fondamentale, la zone qui construit la base aérobie et permet d’accumuler du volume sans épuiser l’organisme.
Entre 75-80 % VMA, l’allure devient plus soutenue et convient aux footings actifs ou à certaines portions longues contrôlées. Autour de 88-92 % VMA, on entre dans des intensités proches de l’allure 10 km pour de nombreux coureurs, avec un effort plus exigeant. À 100 % VMA et plus, le travail devient court, intense, souvent fractionné, avec des récupérations adaptées.
Imaginez votre entraînement comme une toile tendue sur un cadre. Si vous tirez toujours sur le même fil, l’ensemble se déforme. La VMA haute intensité donne de la tension et de la vitesse, mais l’endurance fondamentale apporte la trame qui maintient tout en place. Un tableau d’allures ne sert donc pas seulement à courir vite, il aide à répartir les intensités pour que la progression reste cohérente, séance après séance.
Calculer ou estimer sa VMA avant d’utiliser le tableau
Un tableau d’allures n’a de valeur que si la VMA de départ est réaliste. Une VMA surestimée rend les séances trop dures, augmente la fatigue et peut décourager. Une VMA sous-estimée limite l’efficacité des séances rapides. L’idéal est de réaliser un test dans des conditions simples : terrain plat, échauffement sérieux, météo acceptable et état de fatigue normal.
Les tests de terrain les plus courants
Le test Vameval est un test progressif avec des paliers. La vitesse augmente régulièrement, souvent par paliers de 0,5 km/h toutes les 1 minute, à partir d’une vitesse de départ pouvant être de 8 km/h. Le coureur suit un signal sonore et s’arrête lorsqu’il ne peut plus maintenir le rythme demandé. C’est une méthode structurée, appréciée en club.
Le test de Luc Léger fonctionne également avec des signaux sonores, mais il se réalise sur des allers-retours, souvent espacés de 20 mètres. Il demande des relances fréquentes, ce qui peut pénaliser les coureurs peu habitués aux changements de direction. Le Léger-Boucher est un autre test progressif utilisé pour estimer la VMA sur piste ou terrain balisé.
Le test de Cooper consiste à courir la plus grande distance possible en 12 minutes. Le demi-Cooper reprend le même principe sur 6 minutes. Ce dernier est souvent plus accessible pour estimer la VMA, car il correspond mieux à un effort intense proche de la durée de soutien de la vitesse maximale aérobie. Une formule simple est parfois utilisée pour le demi-Cooper : distance parcourue en mètres divisée par 100. Ainsi, 1 500 m en 6 minutes donnent une VMA estimée à 15 km/h.
Quand refaire un test VMA ?
Il n’est pas nécessaire de tester sa VMA toutes les deux semaines. Un nouveau test devient pertinent après un cycle d’entraînement structuré, une reprise progressive, un changement important de forme ou avant la construction d’un objectif précis. Entre deux tests, les allures peuvent être ajustées légèrement selon les sensations, les chronos récents et la capacité à terminer les séances sans s’écrouler.
Associer les pourcentages de VMA aux objectifs de course
Les pourcentages de VMA ne servent pas uniquement à programmer des fractions rapides. Ils donnent aussi des repères pour estimer des allures de course, avec prudence, car la performance dépend également de l’endurance, de l’économie de course, du profil du parcours et de la gestion de l’effort.
| Objectif ou distance | Repère courant | Usage principal |
|---|---|---|
| Endurance fondamentale | 60-70 % de la VMA | Footings faciles, volume, récupération active |
| Allure soutenue | 75-80 % de la VMA | Footing actif, travail aérobie prolongé |
| Seuil / résistance | 88-92 % de la VMA | Fractions longues, préparation 10 km |
| Marathon | 80 % de la VMA | Estimation d’allure pour coureur préparé |
| Semi-marathon | 85 % de la VMA | Allure spécifique endurance rapide |
| 10 km | 90 % de la VMA | Objectif chrono, séances spécifiques |
| 5 km | 95 % de la VMA | Travail intense et soutenu |
| 3000 m | 100 % de la VMA | Vitesse aérobie maximale |
| 1500 m | 105 % de la VMA | Effort très intense, composante anaérobie |
Ces correspondances sont des repères, pas des garanties de chrono. Un coureur avec une VMA élevée mais peu d’endurance spécifique peut avoir du mal à tenir 80 % de sa VMA sur marathon. À l’inverse, un coureur très endurant peut mieux exploiter sa VMA sur les longues distances.
Utiliser le tableau sans tomber dans les pièges classiques
Le principal piège consiste à utiliser toutes les allures comme des objectifs fixes, sans tenir compte du jour, du terrain et de la récupération. Un tableau allure VMA doit aider à programmer, pas à forcer. Si une séance prévue à 90 % devient impossible dès les premières répétitions, il vaut mieux ralentir légèrement que transformer l’entraînement en test maximal.
Construire une semaine équilibrée
Une semaine cohérente combine généralement plusieurs intensités. Les footings à 60-70 % VMA développent l’endurance et facilitent la récupération. Les séances autour de 88-92 % VMA améliorent la capacité à tenir une allure soutenue. Le fractionné à 95-105 % de la VMA développe la vitesse aérobie, à condition de rester bien exécuté et suffisamment récupéré.
Un exemple simple pour un coureur régulier peut inclure un footing facile, une séance de fractionné court, puis une sortie plus longue en endurance. Le tableau permet alors de donner une allure à chaque contenu, au lieu de courir toutes les séances dans une zone intermédiaire fatigante mais peu spécifique.
Adapter les allures au niveau et au contexte
Un débutant ou un coureur en reprise devrait utiliser la VMA avec prudence. Les intensités hautes sont exigeantes pour les muscles, les tendons et le système cardio-respiratoire. Dans ce cas, mieux vaut privilégier l’endurance fondamentale, quelques accélérations courtes bien contrôlées, puis introduire progressivement du fractionné.
Enfin, le tableau ne remplace pas l’observation. Si la chaleur est forte, si le parcours est vallonné ou si le vent est de face, l’allure au kilomètre perd en précision. Le bon réflexe consiste à conserver l’intention physiologique de la séance : facile, soutenue, spécifique ou intense. C’est cette cohérence, plus que le chiffre exact à la seconde près, qui transforme la VMA en véritable outil de progression.



