Fracture du genou : l’attelle ne suffit pas toujours, l’opération n’est pas systématique
Une douleur importante, un genou gonflé et une difficulté à marcher après une chute peuvent évoquer une fracture du genou. Celle-ci peut toucher la rotule, le plateau tibial ou l’extrémité inférieure du fémur. Une évaluation médicale rapide est nécessaire en cas de suspicion : les symptômes seuls ne permettent ni de confirmer la fracture ni de choisir entre immobilisation et opération.
Douleur et gonflement : les signes qui doivent faire consulter
Une fracture peut provoquer une douleur vive, une limitation des mouvements et une difficulté, voire une impossibilité, à prendre appui sur la jambe. Le gonflement peut notamment venir d’une hémarthrose, c’est-à-dire une accumulation de sang dans l’articulation. Ces manifestations ne permettent toutefois pas de distinguer avec certitude une fracture d’une autre blessure du genou.
Les circonstances comptent : chute sur le genou, choc direct, accident de la route, compression ou torsion peuvent léser les structures osseuses. Une fracture de fatigue se présente différemment : elle est liée à des sollicitations répétées et peut provoquer une douleur progressive, sans accident unique identifiable.
Ne cherchez pas à tester la solidité du genou en forçant la marche ou la flexion. Après un traumatisme, une douleur importante ou un appui impossible justifie une consultation rapide. Une plaie associée à une suspicion de fracture, une déformation marquée, un pied froid ou une perte de sensibilité nécessitent une prise en charge urgente.
Trois zones osseuses, plusieurs façons de décrire la fracture
Le genou réunit le fémur, situé dans la cuisse, et le tibia, dans la jambe. La rotule se trouve à l’avant. L’expression « fracture du genou » désigne donc plusieurs lésions, dont les conséquences et le traitement peuvent différer.

| Zone fracturée | Localisation | Point important |
|---|---|---|
| Rotule | Petit os à l’avant du genou | Participe au mécanisme permettant de tendre la jambe. |
| Plateau tibial | Surface supérieure du tibia | Constitue une surface d’appui articulaire ; la fracture peut toucher le cartilage. |
| Fémur distal | Extrémité inférieure du fémur | La fracture peut atteindre ou non la surface articulaire. |
Déplacement, stabilité et fragmentation ne sont pas synonymes
Une fracture non déplacée conserve l’alignement des fragments. Le terme stable décrit leur capacité à rester en position. Une fracture déplacée présente un décalage ; une fracture comminutive comporte, selon la définition utilisée par CAREA, 3 fragments ou plus. Une fracture ouverte communique avec l’extérieur par une plaie, ce qui augmente le risque infectieux. La fracture de fatigue décrit, elle, le mécanisme de surmenage : ces catégories peuvent donc se recouper.
CAREA évoque un déplacement de 1 à 2 mm pour certaines fractures dites stables, et de plus de 2 mm pour caractériser une instabilité. Ces repères ne constituent pas une règle universelle : la localisation et l’ensemble du bilan restent déterminants.
Les classifications spécialisées précisent encore la zone atteinte. Orthopediste.paris indique, dans sa présentation des fractures du plateau tibial, 60 % de formes unitubérositaires, 30 % de formes bitubérositaires et 5 % de formes spino-tubérositaires. Pour le fémur distal, la répartition présentée est de 45 % de fractures supracondyliennes, 20 % unicondyliennes et 35 % bicondyliennes. Ces proportions décrivent des catégories anatomiques, pas un pronostic individuel.
Le diagnostic repose sur l’examen et les images, pas sur la douleur seule
Le médecin recherche les circonstances de la blessure, les antécédents et l’évolution des symptômes. Il examine le gonflement, la mobilité et l’état de la peau, puis vérifie notamment la sensibilité et la circulation dans le membre. La recherche d’une hémarthrose fait partie de cette évaluation.
La radiographie du genou sous différents angles permet de rechercher le trait de fracture et d’apprécier l’alignement osseux. Selon la suspicion clinique et les premières images, le médecin décide si le bilan doit être complété. Un examen initial rassurant ne doit pas conduire à ignorer une douleur persistante, notamment après des sollicitations répétées.
Une image séparée au niveau de la rotule n’est pas toujours une fracture récente. La rotule bipartite correspond à une absence de fusion de certains éléments osseux ; CAREA indique qu’elle concerne 2 % de la population. Les circonstances, l’examen et l’analyse radiologique permettent d’éviter la confusion.
Le traumatisme laisse aussi une empreinte utile dans le récit du patient : point d’impact, position de la jambe, gonflement immédiat ou retardé, possibilité de marcher juste après l’accident. Noter cette chronologie avant la consultation aide à restituer des détails parfois oubliés sous l’effet de la douleur. Elle complète les images sans les remplacer.
Attelle ou chirurgie : ce qui oriente la décision
Toute fracture du genou ne nécessite pas une opération. Le choix dépend notamment de l’os atteint, du déplacement, de la stabilité, de l’état de la surface articulaire et des tissus environnants. Le chirurgien orthopédiste évalue ces éléments ensemble.
Protéger une fracture qui peut rester bien alignée
Pour certaines fractures stables et non déplacées de la rotule, un traitement orthopédique par attelle est possible. Il s’accompagne de consignes précises sur l’appui, les mouvements autorisés et les contrôles. L’immobilisation ne dispense pas du suivi : un déplacement secondaire peut modifier la prise en charge.
Repositionner et fixer les fragments si nécessaire
Certaines fractures déplacées ou comminutives nécessitent une réduction, c’est-à-dire un repositionnement des fragments, puis une ostéosynthèse pour les maintenir. Pour la rotule, les techniques décrites comprennent notamment des broches associées à un cerclage ou à un hauban. Le matériel dépend de la fracture.
CAREA mentionne un délai de 10 à 15 jours pour certaines interventions non urgentes sur fracture déplacée. Ce délai ne doit jamais être interprété comme une autorisation d’attendre avant de consulter : l’urgence est déterminée médicalement, en particulier en présence d’une plaie ou d’une atteinte vasculaire.
Récupérer la marche demande du temps et une surveillance
La consolidation osseuse et le retour d’un genou fonctionnel ne progressent pas toujours au même rythme. CAREA évoque plusieurs mois de rééducation. La durée réelle varie selon la fracture, le traitement, la douleur et la récupération musculaire.
Pour la rotule, Drmayer.fr décrit un mois et demi sans flexion après certains traitements orthopédiques, et une limitation de flexion pendant un mois et demi après certaines interventions sous attelle. Ces consignes correspondent à des prises en charge précises : elles ne doivent pas être appliquées à toutes les fractures.
La kinésithérapie associe, selon les autorisations médicales, mobilisations actives et passives, étirements, renforcement et augmentation progressive des charges. La balnéothérapie peut compléter les séances en salle. La reprise de l’appui et des activités doit suivre les consignes de l’équipe soignante, plutôt qu’un calendrier trouvé en ligne.
Le suivi recherche aussi d’éventuelles complications : déplacement secondaire, consolidation en mauvaise position appelée cal vicieux, ou absence de consolidation appelée pseudarthrose. Une phlébite, une infection, un hématome, des douleurs résiduelles ou une algodystrophie avec raideur douloureuse sont également possibles selon les situations. Des atteintes nerveuses ou vasculaires et un syndrome des loges constituent des complications graves. Une aggravation brutale, une fièvre, un mollet douloureux ou un pied devenant froid ou insensible imposent un avis médical urgent.
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